À retenir : la cataracte est l’opacification progressive du cristallin, la lentille naturelle de l’œil. Elle touche plus d’une personne sur deux après 75 ans, mais peut survenir bien plus tôt. Vision voilée, éblouissements, couleurs ternies : dès que la gêne retentit sur la vie quotidienne, la chirurgie — seul traitement efficace — peut être envisagée. C’est une intervention courte, réalisée en ambulatoire, avec d’excellents résultats.
Article rédigé par le Dr Mikhaël Lussato, ophtalmologue à Paris.
Prenez soin de votre vue avec le Dr Mikhaël Lussato, ophtalmologue à Paris 8.
Voir les créneaux sur Doctolib →Qu’est-ce que la cataracte ?
Le cristallin est une lentille transparente située derrière l’iris. Il permet la mise au point de l’image sur la rétine, comme l’objectif d’un appareil photo. Avec le temps, les protéines qui le composent se modifient : le cristallin perd sa transparence et s’opacifie. C’est la cataracte.
Ce processus est le plus souvent lié au vieillissement naturel de l’œil. Il est progressif, indolore, et touche généralement les deux yeux de manière plus ou moins symétrique. La cataracte n’est ni une maladie contagieuse, ni une « peau » qui pousserait sur l’œil : c’est la lentille interne elle-même qui se trouble.
Les symptômes qui doivent alerter
La cataracte s’installe lentement, et beaucoup de patients s’y habituent sans s’en rendre compte. Certains signes doivent pourtant conduire à consulter :
- Une vision voilée ou brumeuse, comme à travers une vitre embuée, qui ne s’améliore pas avec de nouvelles lunettes ;
- Une sensibilité accrue à la lumière : éblouissement au soleil, halos autour des phares la nuit, conduite nocturne de plus en plus difficile ;
- Des couleurs ternies ou jaunies, un contraste diminué ;
- Des changements fréquents de correction : les lunettes ne « suffisent » plus, la myopie semble parfois réapparaître ou s’aggraver ;
- Une vision double d’un seul œil (diplopie monoculaire) ;
- Une baisse de vision de loin alors que la lecture de près reste parfois possible.
Aucun de ces signes n’est spécifique : seul un examen ophtalmologique complet, avec mesure de l’acuité visuelle et examen du cristallin à la lampe à fente, permet de confirmer le diagnostic et d’éliminer une autre cause de baisse visuelle (glaucome, DMLA, atteinte rétinienne).
Les différents types de cataracte
Toutes les cataractes ne se ressemblent pas. Leur localisation dans le cristallin explique des gênes différentes :
| Type | Localisation | Gêne typique |
|---|---|---|
| Nucléaire | Centre du cristallin (noyau) | Baisse de vision de loin, myopisation progressive |
| Corticale | Périphérie (cortex) | Éblouissement, gêne à la lumière |
| Sous-capsulaire postérieure | Face arrière du cristallin | Gêne rapide en lecture et en pleine lumière, évolution parfois rapide |
| Congénitale | Présente à la naissance | Dépistée chez le nourrisson, prise en charge spécialisée |
| Traumatique ou secondaire | Variable | Après un choc, une chirurgie oculaire, certains traitements |
La cataracte n’attend pas toujours 70 ans
Si l’âge reste le premier facteur, une cataracte peut se développer plus tôt, parfois avant 50 ans. Les principaux facteurs favorisants sont :
- La myopie forte, associée à une cataracte plus précoce ;
- Le diabète, qui accélère l’opacification du cristallin ;
- La prise prolongée de corticoïdes (par voie générale ou locale) ;
- Un traumatisme oculaire, même ancien ;
- L’hérédité : certaines familles développent des cataractes plus jeunes ;
- L’exposition solaire cumulée (UV) et le tabac.
Côté prévention, aucun collyre ni complément alimentaire n’a démontré sa capacité à faire régresser une cataracte. Une hygiène de vie protectrice — lunettes de soleil de qualité, arrêt du tabac, équilibre du diabète, alimentation riche en fruits et légumes — peut en revanche contribuer à retarder son évolution.
Quand faut-il se faire opérer ?
Il n’existe pas de seuil d’acuité visuelle unique : la bonne question est celle du retentissement sur votre vie quotidienne. Difficultés à conduire (surtout la nuit), à lire, à travailler sur écran, à reconnaître les visages, sensation de brouillard permanent : quand la gêne s’installe, il est temps d’en parler.
Trois idées reçues méritent d’être corrigées :
- « Il faut attendre que la cataracte soit mûre » : c’est un concept dépassé. Opérer une cataracte très évoluée est au contraire techniquement plus difficile ;
- « C’est réservé aux personnes très âgées » : on opère au moment où la gêne le justifie, quel que soit l’âge ;
- « Des lunettes peuvent suffire » : elles compensent un temps, mais aucune correction optique ne rend sa transparence au cristallin. La chirurgie est le seul traitement.
L’intervention consiste à remplacer le cristallin opacifié par un implant intraoculaire transparent. Elle dure une quinzaine de minutes, sous anesthésie locale, en ambulatoire. Le choix du moment et de l’implant se décide lors d’une consultation dédiée : vous pouvez consulter notre page chirurgie de la cataracte pour le détail de la prise en charge au cabinet, et notre article sur le déroulement de l’opération et le choix des implants.
Questions fréquentes
La cataracte peut-elle rendre aveugle ?
Non traitée, une cataracte très évoluée peut conduire à une malvoyance profonde. Elle reste cependant réversible par la chirurgie, contrairement à d’autres causes de cécité.
La cataracte peut-elle revenir après l’opération ?
Le cristallin retiré ne repousse pas. Une opacification de la capsule qui soutient l’implant peut en revanche survenir : c’est la « cataracte secondaire », traitée en quelques minutes par laser YAG.
Peut-on opérer les deux yeux en même temps ?
Le plus souvent, les deux yeux sont opérés à quelques jours ou semaines d’intervalle, pour sécuriser la récupération.
À quel âge survient la cataracte ?
Le plus souvent après 65 ans, mais la myopie forte, le diabète, les corticoïdes ou un traumatisme peuvent l’avancer de dix à vingt ans.
Comment savoir si ma baisse de vision vient de la cataracte ?
Seul un examen ophtalmologique complet peut l’affirmer : acuité visuelle, examen du cristallin à la lampe à fente et fond d’œil pour vérifier la rétine.
Le Dr Mikhaël Lussato est ophtalmologue à Paris, spécialisé en chirurgie de la cataracte et en chirurgie réfractive. Cabinet au 6 rue Robert Estienne, Paris 8.
Le Dr Mikhaël Lussato vous accueille à Paris 8 pour votre suivi ophtalmologique.
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